15 luglio 2017

L'amicizia e la morte
secondo Jean-Baptiste Clamence

Clamence, racconta di un tale a cui avevano messo un amico in prigione e che, per non godere di una comodità che era stata tolta al suo amico, dormiva in terra. Si domanda se qualcuno lo farebbe per lui. Si domanda se ne sarebbe capace. E ne esce la seguente intuizione.
...l'amitié est distraite, ou du moins impuissante. Ce qu'elle veut, elle ne le peut pas. Peut-être, après tout, ne le veut-elle pas assez? Peut-être n'aimons nous pas assez la vie? Avez-vous remarqué que la mort seule réveille nos sentiments? Comme nous aimons les amis qui viennent de nous quitter, n'est-ce pas? Comme nous admirons ceux de nos maîtres qui ne parlent plus, la bouche pleine de terre! L'hommage vient alors tout naturellement, cet hommage que, peut-être, ils avaient attendu de nous toute leur vie. Mais savez-vous pourquoi nous sommes toujours plus justes et plus généreux avec les morts? La raison est simple ! Avec eux, il n'y a pas d'obligation. Ils nous laissent libres, nous pouvons prendre notre temps, caser l'hommage entre le cocktail et une gentille maîtresse, à temps perdu, en somme. S'ils nous obligeaient à quelque chose, ce serait à la mémoire, et nous avons la mémoire courte. Non, c'est le mort frais que nous aimons chez nos amis, le mort douloureux, notre émotion, nous-même enfin!
Albert Camus, da La chute  

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